24 mars 2009

Les avancées de la souveraineté alimentaire

 

Un bilan

 

Plan

L’exercice de bilan s’est déroulé en trois temps :

Au niveau de chacun des pays.

Au regard de l’espace Ouest-africain.

Une réflexion afin d’identifier les principaux éléments à retenir.

Deux questions étaient à la base de ce bilan.

Qu’est-ce qui a été fait comme actions au niveau des OP, particulièrement au niveau de la mobilisation des paysannes et paysans ? Par exemple au niveau des rencontres nationales.

Qu’est-ce qui a été fait comme actions en ce qui a trait au dialogue avec l’État ?

Bilan par pays

Des représentants de chacun des pays représentés au Séminaire ont eu l’occasion de faire un exposé afin de dresser le bilan des activités réalisées au cours de la dernière année et ce, à partir des deux questions de départ. Il s’agissait, en termes de pays, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée (Conakry). Du Mali, du Niger, du Sénégal et du Canada

Mobilisation des paysannes et des paysans

Il y a eu la tenue d’une rencontre nationale dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest représentés à l’exception de la Guinée (Conakry).

Le thème était « Voix paysanne sur la voie de la souveraineté alimentaire ».

Différentes conférences et activités publiques ont également été réalisées dans divers pays.

Il y a eu beaucoup de travail d’information et de vulgarisation en lien avec le concept de la souveraineté alimentaire et à plus forte raison dans le contexte de la crise alimentaire.

Finalement, des échanges d’expériences se sont poursuivis et ce, au travers différents moyens que ce soit via le web ou encore par des voyages d’étude.

Plaidoyer et dialogue avec l’Etat

Le dialogue amorcé depuis un certain temps entre les OP et les États sur les questions de commerce régional et international ainsi que sur la question de la souveraineté alimentaire s’est poursuivi.

Globalement, le processus est positif même si on peut noter des difficultés particulières dans un (1) pays.

Plusieurs ont indiqué une augmentation des liens entre les OP et d’autres groupes de la société civile tels que les associations de consommateurs, syndicats ou autres.

L’enjeu du foncier se révèle de plus en plus comme un enjeu fondamental à court et long terme.

Valoriser et promouvoir les produits locaux

Il y a eu une variété de moyens utilisés afin de concrétiser cet aspect.

Citons à titre d’exemples des activités:

de dégustations afin de redécouvrir des mets traditionnels

ou encore de nouveaux aliments produits localement, la publication de recettes culinaires ayant les mêmes objectifs,

le développement d’exigences de servir des aliments cuisinés à partir des produits du pays lors de conférences ou autres activités du même type.

Distinction entre AuSA,SeA et SoA

La distinction n’est pas une question académique.

En effet, elle permet de mieux comprendre pourquoi de plus en plus d’organisations paysannes et des groupes de la société civile sont arrivés à identifier la souveraineté comme une voie vers des alternatives à un développement néo-libéral.

De plus, cette distinction permet de donner la valeur et la portée qui revient à la souveraineté alimentaire

Espace ouest-africain

ROPPA

Une augmentation des capacités productives

Recherche d’appuis à la production à la fois pour son augmentation et son amélioration.

La recherche de solutions adaptées et adéquates à la problématique foncière.

La nécessaire amélioration du secteur de la transformation agroalimentaire.

Le renforcement des capacités comme passage obligé

Afin de développer le travail sur les politiques agricoles et alimentaires.

De miser sur la création ou la consolidation d’alliances pour augmenter la force de proposition.

Le processus de création d’une plate-forme pan africaine des OP est en marche.

Le plaidoyer

Ici le plaidoyer se réalise au niveau des instituions ouet-africaines.

Du travail a été fait et reste à faire en ce qui a trait à la déclinaison de la politique agricole de la CEDEAO afin que cette dernière prenne forme de façon concrète.

Des liens se poursuivent au niveau de l’UEMOA, notamment en ce qui concerne le tarif extérieur commun (TEC)

RECAO

Développement et appropriation d’outils

Un ensemble d’activités se sont déroulées autour de la mise en place d’outils informatiques en particulier au niveau du Web.

Dans un autre ordre d’idées, beaucoup de travail réalisé par rapport au projet de Plate-forme agricole commerciale.

Renforcement des capacités

De la formation de formateurs a été à l’ordre du jour afin de développer leurs compétences et de les rendre aptes à répercuter les formations au sein du réseau.

Des modules de formation ont été développés pour appuyer le travail des formateurs et faciliter la démultiplication.

concertation

Le RECAO a participé à une série de rencontres sur divers sujets dont celui de la souveraineté alimentaire.

Ceci contribue à une meilleure synergie et concertation avec d’autres organisations ou réseaux.

Autres préoccupations

Le RÉCAO devra certes traiter de d’autres questions importantes comme les OGM, la valeur nutritive des aliments, la valorisation des plantes traditionnelles, etc.

Une réflexion afin d’identifier les principaux éléments à retenir

Fondamentalement, il faut viser une adhésion totale à l’option de la souveraineté alimentaire de la part des États, des institutions et de la société civile incluant les organisations paysannes.

Les OP

Poursuivre et intensifier le travail de plaidoyer-lobbying demeure un élément déterminant. Ceci tant au niveau des institutions ouest-africaines comme la CEDEAO et l’UEMOA qu’au niveau de chacun des États.

Les aspects financiers de l’agriculture et de l’élevage en général et plus largement les facteurs contribuant à l’augmentation de la productivité/production doivent faire l’objet de plaidoyer-lobbying.

Les activités de sensibilisation sur le concept de souveraineté alimentaire doivent se poursuivre.

Les dimensions de réseautage et de concertation sont essentielles.

Il ne faut pas négliger le travail à la base au sein des OP : mobilisation, vulgarisation, renforcement des capacités.

La souveraineté alimentaire

Le droit à la souveraineté alimentaire doit se concrétiser au travers des lois et politiques adéquates intégrant les inter-relations entre les différentes lois agricoles, alimentaires, environnementales et autres.

L’accroissement des capacités productives demeure essentiel à la souveraineté alimentaire : appui à la production et aux producteurs en tenant compte de la recherche dont la responsabilité échoit, en tenant compte aussi de la sécurité foncière ainsi que de la transformation sans négliger la qualité.

La valorisation et la promotion des produits locaux.

Revendiquer la fin des subventions à la production dans les pays du Nord et le dumping par certains de ces pays.

Suite et questionnement…

Comment concrétiser la souveraineté alimentaire? Comment relever le défi de sa mise en œuvre?

Établissement d’un plan d’action, communication et mobilisation.

 

ATELIER DE BASSAM 27 au 29 JANVIER 2009 GRAND BASSAM ABIDJAN

10 février 2009

 LOGOLOGOLOGO

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10 février 2009

Synthèse des travaux de l’atelier sur la

 

souveraineté

 

alimentaire

 

Les 17 & 18 juin 2008 à l’Hôtel Manhattan Suites,

 

Abidjan – Côte d’Ivoire

L’environnement économique international est marqué, depuis plusieurs mois, par une hausse continue des prix des produits de grande consommation, notamment les denrées alimentaires. Cette flambée des prix a entraîné des manifestations violentes dans plusieurs pays, en Egypte, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Burkina, en Guinée, au Sénégal, en Mauritanie, en Ethiopie, à Madagascar, aux Philippines, en Indonésie, en Haïti etc.

C’est pour comprendre les raisons qui sous-tendent cette crise des denrées, que l’ANOPACI a organisé le 18 Avril dernier, une table ronde sur cette problématique.

Cette crise constitue un véritable défi pour les pays africains en général et pour la Côte d’Ivoire en particulier car elle met à nu toutes nos faiblesses.

Après avoir franchi le cap de l’autosuffisance alimentaire, nous nous sommes progressivement engagés dans le processus de sécurité alimentaire. Aujourd’hui, l’heure est venue pour nous de nous engager résolument sur la voie de la réalisation de la souveraineté alimentaire.

Tout comme la FAO, l’UPA DI (Union des Producteurs Agricoles Développement International) s’est approprié le concept de la souveraineté alimentaire, en organisant des séminaires, forums et ateliers sur la souveraineté alimentaire afin d’aider les opérateurs Agricoles à mieux appréhender le sujet.

A la suite du séminaire organisé à Cotonou au Bénin en Octobre 2007, et des débats avec les représentants des OPA participantes pour aider les plateformes à s’approprier le thème, UPA DI s’est engagée à soutenir des rencontres nationales sur le thème « voix paysanne sur la voie de la souveraineté alimentaire » à l’intention des OPA au niveau Ouest-africain. L’objectif principal est d’appuyer ces OPA dans leur plaidoyer sur la souveraineté alimentaire.

Après sa participation à la rencontre de Cotonou, L’Association Nationale des Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire (ANOPACI), s’est engagée à organiser un atelier de sensibilisation sur cette thématique, avec l’appui technique et financier de UPA-DI.

Placé sous la Présidence de M. le Ministre de l’Agriculture, cet atelier a ouvert ses travaux le mardi, 17 juin 2008 à 9 h 30, en présence d’une quarantaine de participants, composés de producteurs agricoles, de représentants des Pouvoirs publics et de représentants d’institutions.

Le Ministre de l’Agriculture était représenté par M. N’DRI Appia, UPA par M. André Beaudoin, Secrétaire Général, l’UEMOA par M. Charles NOUATIN, la FAO par M. COULIBALY Kigbafory, et l’ANOPACI par son Secrétaire Général M. AMOAKON Dihyè, assurant l’intérim du PCA en mission à l’étranger.

I. Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a été marquée par quatre allocutions. Le premier à prendre la parole a été le Secrétaire Général de l’ANOPACI qui a salué et remercié l’ensemble des participants pour leur présence. Il a rendu un hommage appuyé à M. André Baudouin qui, depuis 15 ans, est au service de l’Afrique pour l’aider à sortir de ses difficultés. M. AMOAKON a également remercié UPA-DI pour son soutien technique et financier à l’ANOPACI.

Puis il s’est adressé à M. N’DRI Appia en lui demandant de traduire à M. le Ministre de l’Agriculture, la gratitude de notre Organisation tout en se félicitant également de la participation du représentant de l’UEMOA.

Le Secrétaire Général a rappelé quelques généralités sur le concept de la Souveraineté Alimentaire et ses conséquences sur les populations africaines. En outre, il a fustigé le non respect de l’engagement de l’engagement des Etats Africains à Mapouto d’allouer 10% du budget à l’Agriculture.

En conclusion, il a pris l’engagement d’ organiser des ateliers régionaux sur la souveraineté alimentaire afin de contribuer à sensibiliser les populations agricoles sur cet enjeux majeur.

Prenant la parole à la suite de représentant de l’ANOPACI, M. Beaudoin a insisté sur le sens de la solidarité, condition sine qua non pour construire un grand mouvement. « Plus on néglige le village plus on néglige le Pays » a-t-il affirmé. M Beaudoin a rappelé que le concept de la souveraineté alimentaire a été introduit par la FAO et expliqué comment le processus d’adhésion à ce concept par les pays a été organisé. Les premiers à avoir défendu cette cause ont été le Brésil et les OPA des Pays Africains.

Pour M. Beaudoin, chaque pays doit développer sa propre stratégie alimentaire et respecter les politiques agricoles des autres, notamment en ne se livrant pas au dumping. Cette approche va à l’encontre du rôle de l’OMC qui prône libéralisme. Il faut que l’OMC s’adapte. Il a aussi rappelé que la crise alimentaire était prévisible et que malheureusement ou heureusement les remèdes sont connus.

M. NOUATIN a en quelques mots remercié l’ANOPACI pour cette heureuse initiative et pour l’opportunité qu’elle offre aux participants de se pencher sur le concept de souveraineté alimentaire.

Tout en rappelant son parcours au sein des OPA, il a insisté sur la priorité que l’UEMOA accorde à l’Agriculture en général et à la souveraineté alimentaire en particulier. Il a promis se mettre à la disposition des OPA et des producteurs de la sous région pour faire entendre leur voix au sein de cette Institution sous régionale en souhaitant que la synthèse des travaux de l’atelier soit versée dans les dossiers de l’UEMOA.

Il a achevé son intervention en indiquant que l’UEMOA a mis en place, au dernier sommet des chefs d’Etats et des gouvernements tenu à Ouaga en Janvier 2008, un Fonds Régional de Développement Agricole d’un montant de 5 milliards de F CFA et invité les OPA à se mobiliser pour accéder à ces ressources.

Le représentant du Ministre de l’Agriculture, a félicité l’ANOPACI pour avoir organisé cet atelier au moment où le monde entier souffre d’une crise alimentaire sans précédent. M. N’DRI a affirmé que la Côte d’Ivoire a du potentiel pour faire face à cette crise mais a besoin des moyens importants pour investir dans le secteur agricole. Il a passé en revue les différents programmes mis en œuvre pour assurer la souveraineté alimentaire, et révélé les programmes mis en place actuellement par le gouvernement pour assurer la sécurité alimentaire afin d’aboutir à la souveraineté alimentaire.

Pour terminer, Il a émis le souhait de disposer des conclusions de cet atelier pour que son département contribue à faciliter leur mise en œuvre avant de procéder à l’ouverture officielle de l’atelier sur le thème « voix paysanne sur la voie de la souveraineté alimentaire ».

Séquence 2 : Déroulement des travaux.

La séquence 2 s’articulait autour de deux communications. La première de M. Beaudoin et la deuxième de Dr. Dao Daouda.

Communication 1 : Présentation de l’agriculture canadienne et de UPA-DI

En se basant sur les chiffres, M. Beaudoin a présenté à grands traits l’Agriculture au Québec qui est l’activité économique la plus importante de cette province en précisant qu’elle est axée essentiellement sur l’Elevage.

UPA-DI après avoir fait le choix du libéralisme économique a dû se raviser quand les producteurs se sont rendu compte que cette politique a eu pour effets de faire baisser leurs revenus. L’agriculture familiale est plus dynamique que l’industrie si on lui donne les moyens, a –t-il martelé.

L’intervenant a donné les raisons pour lesquelles l’Afrique demeure perdante dans le jeu du libéralisme alors qu’elle représente un quart des Etats mais ne pèse que moins de 2% des échanges commerciaux.

Au cours de son intervention, le SG de UPA-DI, a mis en exergue les outils collectifs initiés par l’Organisation et qui permettent d’affronter le marché et de valoriser le revenu des producteurs. Un des outils de négociation et de mise en marché c’est le contrat collectif. UPA a développé un concept relatif au respect des autres agricultures du monde. Les Agriculteurs se sont engagés dans la lutte contre le dumping en faisant prendre par l’Etat les mesures visant à maîtriser les exportations et les importations pour ne pas tuer les autres agriculteurs. Le Canada ne pratique pas le dumping car la gestion de l’offre est maîtrisée. Il s’est appesanti sur la construction des alliances en développant la Coopération internationale. Il s’agit de développer la solidarité entre paysans. Chaque Pays doit être en mesure de contrôler son Agriculture a-t-il conclu.

La communication présentée par Dr Dao, animateur principal de l’Atelier, s’articulait autour de l’historique des différents concepts, de leurs objectifs, des divergences dans la compréhension, des enjeux majeurs, des politiques Agricoles communes etc. Ces concepts sont : L’autosuffisance alimentaire et la sécurité alimentaire.

Autosuffisance alimentaire : produire quantités d’aliments pour nourrir toute sa population. Il faut que le peuple puisse se prendre en charge. L’accent a été mis sur l’offre (la production) et la demande a été négligée.

La conséquence fut l’accroissement des importations et la multiplication des crises

Sécurité Alimentaire : Possibilités matériels pour chacun d’acheter, de se procurer ou de consommer en tout temps suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active. Le concept agit sur l’offre suffisante et la demande solvable.

Ce concept a également connu des échecs.

Souveraineté alimentaire : Le droit pour chaque Etat ou groupe d’Etats de définir sa politique agricole et les types de soutiens agricoles dès lors qu’il s’interdit toutes formes de dumping.

La souveraineté alimentaire intervient dans le contexte de remise en cause des politiques de libéralisation du commerce international et de l’introduction des OGM et par conséquent de l’autonomie des producteurs et pays. L’Animateur a précisé les objectifs poursuivis par le concept de la Souveraineté Alimentaire :

- Retrouver les marges de manœuvres et la capacité de définir les politiques qui répondent prioritairement aux attentes des citoyens ;

- Réduire les interdépendances internationales et développer des agricultures centrées sur les besoins nationaux et régionaux

- Définir les politiques sans exercer le dumping sur les autres Agriculteurs.

Comme tout concept, celui-ci n’échappe pas à des divergences quant à sa compréhension.

Il apparaît que les Organisations favorables à la souveraineté sont celles qui s’opposent au libéralisme économique.

L’intervenant s’est également penché sur la solidarité, la prise en compte de l’Agriculture dans les négociations et la compatibilité entre la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation.

Dr DAO a procédé à l’analyse de la situation alimentaire de la CEDEAO, dont la dépendance suit une tendance régressive. Il a passé en revue les politiques mises en œuvre pour atteindre cet objectif. Pour y parvenir il conviendra d’agir fortement sur la question de l’offre (investissements) et la demande (pouvoir d’achat).

En conclusion la souveraineté alimentaire doit être alliée à la souveraineté économique. Le lobby des grands commerçants fait face à la faiblesse des Agriculteurs qui hélas ne présentent pas un front commun.

D’autres questions méritent aussi d’être clarifiées, la notion d’exploitation familiale par exemple.

En guise de contribution à la clarification de cette définition, il estime que la notion d’exploitation familiale est moins liée à la taille de l’exploitation qu’au mode de gestion.

Les débats ont été ouverts à la suite de ces deux exposés.

Le premier à prendre la parole fut le représentant du Ministre de l’Agriculture qui a remercié les intervenants pour leurs présentations. A grands traits, M. N’DRI a présenté la politique de vivrier mise en œuvre par la Côte d’Ivoire et les résultats obtenus au plan de l’autosuffisance alimentaire. Cette politique a été sous tendue par des mesures institutionnelles qui ont permis par exemple d’octroyer presque gratuitement des semences aux exploitants agricoles.

En 1970 a-t-il poursuivi, avec la SODERIZ, non seulement les besoins nationaux étaient couverts, mais notre pays a exporté du riz.

En conclusion, le représentant du MINAGRI à exhorté l’ANOPACI à assurer la représentation de tous les producteurs, à chercher des marchés à faciliter l’accès aux intrants pour réduire les coûts de production.

Les autres interventions ont tour à tour dénoncer la politique du tout Etat et du Tout OPA, la situation de pauvreté des agriculteurs, la place de l’agro-carburant, la compétition entre l’énergie et l’alimentation, la faiblesse ou l’absence de structure « d’encadrement » les subventions à l’agriculture, l’absence de réflexion prospective, les conditions à remplir pour atteindre la souveraineté alimentaire en Afrique et en Côte d’Ivoire, la question des OGM etc.

M. A. Beaudoin et Dr Dao ont apporté des réponses circonstanciées à chacune des questions soulevées par les participants.

Sur les OGM les approches ont été sensiblement différentes. Pour l’animateur principal, il ne s’agit pas de dire non aux OGM et de toutes les façons nous ne pourrons pas faire l’économie de ce débat.

Quant au SG de UPA, la diversité n’est pas seulement humaine mais aussi végétale. Il n’est donc pas acceptable que l’on retire au producteur sa liberté de choisir.

Il faut protéger les intérêts des paysans en multipliant les mécanismes et en développant la notion de juste prix.

Pour M. Beaudoin, c’est une erreur stratégique mondiale que de vouloir produire pour nuire à d’autres Agriculteurs.

Pour conclure il a affirmé que le Canada est le seul pays industriel qui ne subventionne pas ses Agriculteurs. Aucun pays au monde ne s’est développé sans passer par l’agriculture. Pourquoi on ne ferait pas la même chose pour l’Afrique. Entre le libéralisme et l’autarcie. Il y a une voie intermédiaire celle de la Souveraineté alimentaire.

La 2ème série de questions et de commentaires s’est articulée autour des préoccupations suivantes :

- A quelle échelle se référer quand on parle de souveraineté alimentaire ?

- Ne faudrait-il pas envisager de produire ce qu’on consomme ?

- Quelles stratégies développer ?

Les différentes réponses à ces interrogations ont mis fin à la deuxième série de questions.

Séquence III : Organisation de panels

Cinq panelistes ont donné leurs points de vue sur le concept de souveraineté alimentaire

Panel 1 : Filière avicole

M. Amoakon est revenu sur le concept de souveraineté alimentaire et invité les participants à s’approprier ce concept . Il a introduit la notion de durabilité dans la souveraineté alimentaire.

Pour aboutir à la souveraineté alimentaire il faut que l’Etat travaille avec les Organisations des producteurs agricoles a-t-il conclu.

Panel 2: Elevage de petits ruminants

Abordant le même sujet avec un focus sur le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire, M. Kouao a stigmatisé les barrières sociologiques qui ne permettent pas aux ivoiriens de pouvoir pratiquer l’élevage. Il a également insisté sur les difficultés liés à configuration de notre pays qui ne favorise pas le développement de cette activité dans toutes les régions. Il estime que la souveraineté alimentaire se construit et ne se décrète pas. Pour ce faire il faudra mettre l’accent sur la recherche et la diffusion de l’information.

Par ailleurs M. Kouao a invité l’Etat a apporté des appuis significatifs à la recherche, car celle-ci a produit des résultats satisfaisants mais ces résultats restent, dans la plupart des cas, méconnus.

Panel 3 : Secteur vivrier

Intervenant pour le cas des vivriers, Mme Sako a fait un plaidoyer pour que les agriculteurs et agricultrices bénéficient de l’aide de l’Etat. En outre le secteur du vivrier se trouve confronté à des difficultés quant à l’écoulement de leurs productions. C’est pourquoi l’Etat doit investir dans l’amélioration des infrastructures routières, dans l’appui conseil et la commercialisation. La recherche doit être plus proche des producteurs. Il est possible de trouver ensemble des ressources pour pouvoir appuyer la recherche.

Les chercheurs doivent s’intéressent à la conservation et à la transformation car beaucoup de produits pourrissent faute de technique de conservation.

M. Ahoutou, représentant le CNRA a insisté sur la nécessité d’appuyer la recherche pour assurer le développement d’un pays car la recherche précède le développement. Le CNRA travaille avec les structures de conseil comme l’ANADER car la mission du CNRA n’est pas de vulgariser les résultats de la recherche. Il a annoncé un vaste programme que le CNRA va bientôt mettre en place qui consiste à améliorer la productivité dans le secteur vivrier.

Dr Ngouan représentant l’ANADER

L’ANADER depuis un certain temps travaille pour que la Côte d’Ivoire atteigne la souveraineté alimentaire. Elle travaille avec les OPA et souhaite contribuer à la professionnalisation du secteur agricole. Il estime que c’est avec les OPA fortes que l’on atteindra la souveraineté alimentaire.

Après ces intervenants, des questions de clarification et des suggestions et remarques ont été enregistrées. L’on pourrait retenir les éléments suivants :

- La voix des femmes n’a jamais été prise en compte dans les questions de souveraineté alimentaire, alors que la production vivrière est essentiellement tenue par les agricultrices.

- Peu de producteurs et d’ organisations agricoles approchent les structures de formation agricoles pour exprimer leurs besoins en matière d’appui et d’accompagnement.

- Les OPA ont besoin d’être accompagnées et d’être soutenues. Aujourd’hui, nous devons arriver à signer un nouveau contrat social OP-Etat.

Avant de clore la journée, les participants ont échangé sur les TDR des travaux de groupes prévus pour le lendemain.

Jour II.

Travaux de groupes

Deux groupes de travail ont été constitués autour de la question principale suivante : Quelles sont les conditions pour la mise en œuvre/ la réalisation de la souveraineté alimentaire ?

Le groupe 1 devait réfléchir sur la définition du concept et la stratégie de mise en œuvre.

Quant au groupe 2, il devait s’intéresser aux questions relatives aux techniques de production, de transformation, de conditionnement et de financement.

Les TDR des deux groupes les invitaient à faire des propositions précises relatives à la répartition des rôles des acteurs pour la mise en œuvre et l’appropriation du concept.

Au terme des discussions, les recommandations suivantes ont été formulées :

R1 : Sur la définition du concept

La souveraineté alimentaire est le droit des peuples de définir leurs propres politiques d’alimentation et d’agriculture, de protéger et de réglementer la production et le commerce agricole intérieur afin de réaliser leurs objectifs de développement durable, de déterminer dans quelle mesure ils veulent être autonomes et de limiter le dumping des produits sur leurs marchés.

Il s’agit de dire plus simplement, que la souveraineté alimentaire est le droit pour chaque population de pouvoir se nourrir avec des denrées alimentaires connues et aimées sans dépendre ou gêner d’autres populations.

R2 : Sur les Stratégies de mise en œuvre

· Au plan politique

-impliquer les pouvoirs publics à s’approprier le concept de souveraineté alimentaire en créant un cadre de concertation entre les acteurs du secteur, les pouvoirs politiques et surtout les producteurs

-redynamiser les structures existantes en vue d’une mise à jour permanente des données statistiques en utilisant les NTIC.

· Au plan réglementaire

-accélérer l’application de la loi sur le foncier rural pour une utilisation rationnelle des terres ;

-réguler les exportations et importations pour gérer l’offre et la demande ;

-actualiser la loi coopérative en tenant compte des réalités du terrain et faciliter sa mise en œuvre.

· Au plan Institutionnel

-Créer un cadre qui facilite l’implication des acteurs du secteur agricole dans l’élaboration de Loi d’orientation agricole.

-Favoriser et privilégier la commercialisation des produits agricoles locaux ;

-évaluer l’impact de l’utilisation des O.G.M et créer un cadre législatif qui réglemente cette question

-institutionnaliser la vente des productions locales dans les magasins, les grandes surfaces et les hôtels

-assurer au plan local, la disponibilité en semences de qualité.

· Agriculture durable

-assurer la diffusion des techniques de fertilisation naturelle des sols pour une agriculture durable

- L’ANOPACI doit Organiser un forum pour s’approprier le contenu du concept de souveraineté alimentaire et proposer le schéma pour sa réalisation.

- Appuyer les systèmes d’information sur les marchés pour faciliter la circulation de l’information agricole

- Initier une étude sur les différentes politiques agricoles (commercialisation, réglementation, etc). Cette étude conduite par l’ANOPACI devra précéder les discussions sur la loi d’orientation agricole

- L’Atelier recommande à l’ANOPACI d’être un véritable acteur de développement agricole en proposant aux pouvoirs publics, sa vision sur la politique agricole nationale.

R3 : Au plan de la production :

- Faire un état des lieux en vue d’identifier les facteurs limitants ;

- Inciter les gouvernements à avoir une démarche participative dans l’élaboration des stratégies de développement

- Privilégier les techniques de productions qui conduisent vers la compétitivité

R4 : Au plan du financement :

L’atelier recommande la Création d’une banque des agriculteurs par les agriculteurs et pour les agriculteurs

R5 : Au plan de la commercialisation :

- Développer et appuyer les structures de diffusion des informations agricoles

- Institutionnaliser la vente des produits locaux

R6 : Au plan de la transformation et de la conservation

Encourager les initiatives privées

R7 : Appropriation du concept

- Organiser des ateliers, des séminaires intra filière et intra-faîtière

- ANOPACI doit entreprendre des tournées de sensibilisation sur le concept

- Créer un cadre de concertation entre l’Etat et la Profession agricole

- Créer une plate forme d’échanges entre les commerçants et les producteurs

ANOPACI ET SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

9 février 2009

Plan d’action sur la souveraineté alimentaire au cours des 12 prochains mois du groupe Niger, Burkina Faso, Guinée

Objectif General : Mettre en œuvre le concept de la souveraineté alimentaire

Objectifs spécifiques

Activités

OS 1 : Faire adhérer l’ensemble des acteurs au processus de mise en œuvre de la souveraineté alimentaire

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  • Sensibiliser, informer les différents acteurs nationaux impliqués dans la souveraineté alimentaire
  • ROPPA, RECAO, SILLS : organi
  • ser des cadres de concertation pour l’information des décideurs de la sous région

OS 2 : Poursuivre et renforcer les activités de sensibilisation et d’information à la base dans les différents pays

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  • Organiser des réunions d’information et de sensibilisation des producteurs sur le concept de la souveraineté alimentaire

OS5 : Assurer la maîtrise de l’eau dans les exploitations familiales

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  • Développer le mécanisme de la petite irrigation

SOUVERAINETE ALIMENTAIRE ET L’AFRIQUE

4 février 2009

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ASSOCIATION NATIONALE DES ORGANISATIONS
PROFESSIONNELLES AGRICOLES DE COTE D’IVOIRE www.anopaci.com

SOUVERAINETE ALIMENTAIRE ET L'AFRIQUE UPADIUPADI

upadi.gif UPA Développement international (UPA DI) www.upadi-agri.org

 

SEMINAIRE SOUS-REGIONAL SUR LA

SOUVERAINETE ALIMENTAIRE (le 26 au 29 janvier 2009 à Grand Bassam

COTE D’ivoire

L’Association Nationale des Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire (ANOPACI), consciente des enjeux que recouvrent la problématique de la souveraineté alimentaire s’est très tôt engagée dans une campagne d’information, de sensibilisation et de définition consensuelle, de propositions de stratégie et d’action. La démarche adoptée par l’ANOPACI pour intégrer ce concept à la conscience populaire et à la politique gouvernementale s’est voulue participative de telle sorte que toutes les couches socio professionnelles en soient imprégnées et s’engagent avec elle à l’action.

Il s’est agi pour cette plateforme nationale, après avoir participé aux actions sous régionales (Nyéléni 2007 organisé par la Via Campésina au Mali à Sélingué, séminaire de Cotonou en Octobre 2007) de s’approprier le concept et de déclencher une prise de conscience collective. C’est ainsi qu’une table ronde a été organisée avec des acteurs de la société civile, des chercheurs, les pouvoirs publics dans l’optique d’entamer un débat national sur la question. Ensuite, un atelier national sur la souveraineté alimentaire a été organisé pour aider les opérateurs Agricoles à mieux appréhender le sujet et l’intégrer dans leur stratégie.

Toutes ces actions ne pourront aboutir à une réelle prise en compte au niveau de la politique agricole que si les pouvoirs publics sont associés et participent à la définition des stratégies. C’est pourquoi la concertation avec les ministères techniques a été privilégiée.

Des résultats notables de ces actions ont été enregistrés qui font lieu ici du bilan des avancées de la souveraineté alimentaire.

I. Bilan des avancées de la souveraineté alimentaire au cours de l’année 2008

1.1. Actions au niveau des OP

L’augmentation spectaculaire des prix des produits de première nécessité et les probables pénuries des produits de base de l’alimentation ont amené à mettre sur la table de discussion la question alimentaire.

Cette situation interpelle l’Association Nationale des Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire, qui a organisé une série de rencontres nationales sur la thématique.

a. Organisation d’une Table ronde sur la crise alimentaire

L’ANOPACI a pris l’initiative de convier, à une Table ronde, le 18 avril 2008, plus d’une cinquantaine de participants issus de la société civile dont des Economistes, des Ingénieurs, des journalistes, des Producteurs Agricoles, des représentants des Pouvoirs publics, des Instituts de formation et de recherche, des Associations de consommateurs, etc. Cette table ronde sur la crise alimentaire a été organisée dans un contexte marqué par une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité, en particulier les denrées alimentaires dont les prix ont augmenté de 45% les 9 derniers mois selon la FAO. Il s’est agit à cette occasion de comprendre les causes, les conséquences de cette crise alimentaire qui a occasionné une insécurité alimentaire et dégager de manière participative une esquisse de solutions.

Pour éviter de telles situations, des recommandations ont été faites.

Ainsi, il a été demandé aux producteurs agricoles de développer davantage la culture des produits vivriers pour contribuer à assurer la souveraineté alimentaire.

L’ANOPACI quant à elle, a pris l’engagement d’organiser le secteur des vivriers en Côte d’Ivoire afin d’assurer la souveraineté alimentaire. Dans cette optique, elle a organisé avec le soutien de l’UPA DI un atelier national sur la souveraineté alimentaire, courant juin 2008.

Il a été demandé à l’ANOPACI de renforcer le Système d’Information sur les Marchés (SIM-ANOPACI), système de collecte et de diffusion de l’information auprès des Opérateurs économiques pour leur permettre d’améliorer leurs revenus. A travers cet outil, l’ANOPACI a contribué à renforcer les capacités de négociations des acteurs (Producteurs, commerçants, etc.).

L’une des contraintes majeures à la réalisation de cet objectif, demeure le financement du secteur agricole. C’est pourquoi, les OPA et les pouvoirs publics ont été interpellée à doter le secteur agricole d’une véritable banque de développement agricole qui demeure l’outil de financement le mieux adopté.

b. Organisation d’un atelier sur la souveraineté alimentaire

Après sa participation au séminaire organisé à Cotonou au Bénin en Octobre 2007 sur la souveraineté alimentaire, l’ANOPACI s’est approprié le concept, en organisant, en collaboration avec l’UPA DI, un atelier national sur la souveraineté alimentaire afin d’aider les opérateurs Agricoles à mieux appréhender le sujet et élaborer des stratégies conséquentes. Cet atelier a enregistré la présence d’une quarantaine de participants, composés en majorité de producteurs agricoles, de représentants des Pouvoirs publics et de représentants d’institutions.

Les travaux de cet atelier ont permis de réfléchir sur les conditions de réalisation de la souveraineté alimentaire. Deux conditions ont été retenues

D’une part une définition commune a été adoptée et libellée comme suit « la souveraineté alimentaire est le droit pour chaque population de pouvoir se nourrir avec des denrées alimentaires connues et aimées sans dépendre ou gêner d’autres populations ». Et

D’autre part, des recommandations ont été faites sur la stratégie de mise en œuvre tant au plan politique, réglementaire, institutionnel mais aussi sur les questions relatives aux techniques de production, de transformation, de conditionnement, de financement et de recherche agronomique.

1.2. Actions au niveau du dialogue avec l’Etat

L’atteinte de la souveraineté alimentaire ne peut se faire que grâce à une synergie d’actions entre l’Etat, les Organisations des producteurs agricoles et tous les acteurs du monde agricole.

C’est pourquoi, la plateforme nationale des producteurs agricoles, l’ANOPACI, a très tôt développé les concertations avec l’Etat sur les questions d’ordre agricole.

Dans le passé, au cours des années 70, la politique d’appui au secteur du vivrier adopté par l’Etat de Côte d’Ivoire a induit des résultats prometteurs. En effet, pour cette période, non seulement les besoins nationaux étaient couverts en riz, mais la Côte d’Ivoire a exporté une partie de sa production. Cette politique a été sous tendue par des mesures institutionnelles qui ont permis par exemple d’octroyer presque gratuitement des semences aux exploitants agricoles.

Aujourd’hui, différents programmes sont mis en œuvre par le gouvernement en collaboration avec les OP pour assurer la sécurité alimentaire afin d’aboutir à la souveraineté alimentaire. D’importants investissements sont faits par l’Etat soutenus par ses partenaires au développement pour atteindre un niveau de production nationale en vivrier et en production animale et halieutique.

Dans le secteur du riz, le programme d’urgence mis en place a pour objectif premier d’atteindre l’autosuffisance pour cette denrée.

Au niveau des protéines animales, le niveau actuel des couvertures des besoins est insuffisant. A ce titre les programmes suivants sont en cours de réalisation.

En somme, le dialogue se poursuit pour qu’une politique plus hardie de développement du secteur des vivriers soit mise en œuvre en facilitant et en sécurisant l’accès à la terre, aux semences améliorées, aux intrants, au matériel agricole et en facilitant la stabilité du marché. Le dialogue avec l’Etat aborde également la question des travaux de Recherche qui doivent être appuyés en vue d’accroître les performances et aider les OPA à s’approprier les résultats et de les vulgariser.

En assurant la représentation de tous les producteurs, l’ANOPACI cherche de concert avec l’Etat à améliorer le revenu des producteurs. Cela passe par la recherche de débouchés pour les produits agricoles, la facilité d’accès aux intrants pour réduire les coûts de production, etc.

Le tableau du bilan ainsi décrit nous amène à avoir une vision de la souveraineté alimentaire. Cette vision s’inscrit dans la perspective d’une agriculture moderne, durable, productrice et compétitive, fondée sur l’efficacité et l’efficience des exploitations familiales et la promotion des entreprises agricoles grâce à l’implication du secteur privé. Cette vision se base sur la place prépondérante de l’agriculture dans l’économie nationale et le rôle d’entraînement de ce secteur pour le reste de l’économie.

II. Notre vision de la souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est un processus stratégique long qui passe par plusieurs étapes. En Côte d’Ivoire, différents concepts ont été abordés et mis en œuvre avec des résultats mitigés avant d’en arriver à celui de la souveraineté alimentaire. Il y’ a eu d’abord celui de l’Autosuffisance alimentaire, puis la Sécurité Alimentaire et aujourd’hui le concept de la Souveraineté alimentaire qui apparait comme le droit pour chaque Etat ou groupe d’Etats de définir sa politique agricole et les types de soutiens agricoles dès lors qu’il s’interdit toutes formes de dumping.

Malheureusement, peu de réussite ont accompagné la mise ne œuvre de ces concepts. A titre d’exemple, malgré un potentiel de 200 000ha de terres rizicultivables en condition irriguée dont seulement 31000 hectares aménagés pour la culture du riz depuis l’avènement de la SODERIZ, représentant environ 1/10ème du potentiel national, le pays est encore fortement dépendant de l’extérieur pour son approvisionnement en riz dont elle importe plus de 60% de sa consommation. De même, au niveau de l’approvisionnement en protéines animales, le niveau d’importation pour la couverture des besoins de consommation est estimé à 65% dont 40% pour le poisson et 25% pour la viande.

Pour arriver à la souveraineté alimentaire, des réflexions globales doivent être engagées à la fois au niveau de la production, de la commercialisation et de la transformation.

Pour ce faire, il faut :

1) Assurer un marché

L’une des difficultés des secteurs de production des vivriers réside dans le fait qu’il ne dispose pas de marché fonctionnel et multidirectionnel. Les producteurs ivoiriens ont la capacité de produire en quantité et en qualité pour nourrir le pays. Mais il faudrait pour cela qu’ils aient l’assurance qu’ils pourront rentabiliser leur travail.

2) Aller à la modernisation de l’agriculture

Pour accroitre le niveau de la productivité des vivriers (obtention de hauts rendements, excellente qualité, rentabilité élevée, produire en respectant l’environnement), il est primordial de moderniser l’agriculture. Il s’agira de transformer l’agriculture traditionnelle en la dotant de conditions matérielles et techniques modernes. Cela passe par la facilitation à l’accès aux semences sélectionnées à haut rendement et aux intrants, l’accès à l’eau et au foncier, l’accès au financement à des taux réduits, une recherche-développement proactive.

3) Assurer le renforcement des capacités des Producteurs Agricoles

L’Etat et les OP devront s’assurer que les capacités techniques et organisationnelles des producteurs peuvent leur permettre d’aller à la modernisation de l’agriculture. Il s’agira donc de garantir leur formation, de mettre en place un dispositif plus efficace d’accompagnement des producteurs et veiller à une meilleure vulgarisation des résultats de la recherche.

L’Etat devra également s’assurer du bon fonctionnement des structures d’appui accompagnement et de la recherche dont les actions doivent être en adéquation avec les besoins réels des Producteurs Agricoles.

4) Mettre en œuvre un programme pour la production et la valorisation des vivriers

Un programme pour la production et la valorisation des vivriers devra être défini et développé. Il doit intégrer tous les niveaux de la filière : la production, la conservation, la commercialisation, la transformation et la consommation. Aussi, la diversification des cultures devra-t-elle être un aspect à explorer.

Le volet recherche-développement qui accompagne ce programme devra aussi prendre en compte tous les maillons de la filière (production, transformation, consommation). Elle s’appesantira sur les aspects liés à la disponibilité en eau, la conservation des produits, le développement de variétés à haut rendement adaptées à la contre saison.

Ce programme devra également mettre l’accent sur la consommation et la valorisation des produits locaux.

5) Protéger le marché intérieur

L’Etat devra prendre des dispositions internes pour assurer un marché aux produits locaux sans être protectionniste ; puis faciliter l’écoulement des produits des zones de production vers les zones de consommation en entretenant les pistes villageoises.

III. Les Stratégies de mise en œuvre de la souveraineté alimentaire

a. Au plan politique

- Impliquer davantage les pouvoirs publics à s’approprier le concept de souveraineté alimentaire en créant un cadre de concertation entre les acteurs du secteur agricole, les pouvoirs publics et surtout les producteurs par l’installation d’un dialogue mais aussi des actions de lobbying ;

- Redynamiser les structures de statistiques agricoles existantes en vue d’une mise à jour permanente des données en utilisant les NTIC.

b. Au plan réglementaire

- Accélérer l’application de la loi sur le foncier rural pour une utilisation rationnelle des terres ;

- Réguler les exportations et importations pour gérer l’offre et la demande ;

- Actualiser la loi coopérative en tenant compte des réalités du terrain et faciliter sa mise en œuvre.

c. Au plan Institutionnel

- Créer un cadre qui facilite l’implication des acteurs du secteur agricole dans l’élaboration de Loi d’orientation agricole.

- Favoriser et privilégier la commercialisation des produits agricoles locaux,

- Evaluer l’impact que pourrait avoir l’utilisation des O.G.M ;

- Encourager la vente des productions locales dans les magasins, les grandes surfaces et les hôtels,

- Assurer au plan local, la disponibilité en semences de qualité.

d. Au plan technique

Ø Agriculture durable

- Assurer la diffusion des techniques de fertilisation naturelle des sols pour une agriculture durable ;

- Appuyer les systèmes d’information sur les marchés pour faciliter la circulation de l’information agricole ;

- Initier une étude sur les différentes politiques agricoles (commercialisation, réglementation, etc.). Cette étude devra précéder les discussions sur la loi d’orientation agricole ;

- L’ANOPACI doit être un véritable acteur de développement agricole en proposant aux pouvoirs publics, sa vision sur la politique agricole nationale.

Ø La production

- Faire un état des lieux en vue d’identifier les facteurs limitants au développement des vivriers ;

- Encourager les Gouvernements à avoir une démarche participative dans l’élaboration des stratégies de développement ;

- Privilégier les techniques de productions qui conduisent vers la compétitivité.

Ø Le financement

Créer une banque des agriculteurs par les agriculteurs et pour les agriculteurs adapté au financement de l’agriculture ;

Ø La commercialisation

- Développer et appuyer les structures de diffusion des informations agricoles ;

- Encourager la vente des produits locaux ;

- Lutter efficacement contre le racket et d’autres formes de tracasseries routières.

Ø La transformation et de la conservation

Encourager les initiatives privées.

Ø Appropriation du concept

- Organiser des ateliers, des séminaires intra filière et intra-faîtière ;

- Entreprendre des tournées de sensibilisation sur le concept ;

- Créer un cadre de concertation permanent entre l’Etat et la Profession agricole ;

- Créer une plate forme d’échanges entre les commerçants et les producteurs.

CONCLUSION

La souveraineté alimentaire intervient dans le contexte de remise en cause des politiques de libéralisation du commerce international et de l’introduction des OGM et par conséquent de l’autonomie des producteurs et des pays. Le concept de la Souveraineté Alimentaire poursuit les objectifs de définition de politiques qui répondent prioritairement aux attentes des citoyens, la réduction des interdépendances internationales, et développent des agricultures centrées sur les besoins nationaux et régionaux et la définition des politiques sans l’exclusion de toute forme de dumping sur les autres Agriculteurs.

Face à la situation alimentaire de chaque Etat qui demande d’agir sur la question de l’offre et de la demande, le concept de souveraineté alimentaire n’échappe pas à des divergences quant à sa compréhension.

Pour y parvenir, il apparaît que la solidarité, la prise en compte de l’Agriculture dans les négociations et la compatibilité entre la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation soient de mise.

C’est pourquoi, l’ANOPACI et son partenaire, l’UPA DI, se sont engagés une fois de plus à l’organisation de rencontre entre producteurs agricoles, pouvoirs publics et partenaires au développement.

Bonjour tout le monde !

4 février 2009

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